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LE MONDE D’APRES. Accompagnement des équipes, travail collaboratif et transverse, création d’une vision commune, posture entrepreneuriale… Au contact quotidiennement des startups et des grands groupes, j’observe des changements radicaux dans la manière dont les managers qui réussissent le mieux se comportent.

Ce qu’on attend tout d’abord d’un manager, c’est d’avoir une très bonne connaissance de soi et d’être en capacité de rendre du recul sur lui-même. Sans cette capacité, il n’est pas en mesure de faire prendre de la hauteur aux membres de son équipe.

Les jeunes collaborateurs ont des attentes qui ne s’expriment pas forcément en termes d’expertise. Ils recherchent avant tout un interlocuteur capable de les conseiller sur la bonne posture à adopter dans telle ou telle situation, de les rassurer et de créer de la confiance. Ils apprécient de savoir qu’en cas de difficulté, il y a quelqu’un sur lequel ils peuvent s’appuyer. Ils attendent également de l’empathie et des feedback constructifs et bienveillants.

Ce qu’on attend aussi d’un manager, c’est de rendre ses équipes autonomes. Les jeunes diplômés ont une envie très forte d’être responsabilisés sur les missions qu’on leur confie. Le manager de demain sait être là quand il le faut mais aussi s’effacer quand c’est nécessaire. Il est un facilitateur en interne, il ouvre les bonnes portes en s’appuyant sur son réseau, il crée des liens et accompagne les membres de son équipe dans la gestion de leur carrière.

Donner du sens par une vision et une roadmap partagées par tous

Dans un contexte où de plus en plus de salariés sont impliqués dans une multitude de projets transverses, travaillant avec d’autres départements, donc pas toujours en contact avec leurs propres collègues, le manager est là pour créer et garantir la pérennité d’une vision commune au sein de son entité.

Cet état d’esprit se retrouve dans la « culture startup ». Quelle est la raison d’être de ma structure ? Quelle est notre vision à court, moyen et long terme ? Telles sont les questions que se posent le manager qui doit parvenir à construire une vision définie collectivement et partagée par l’ensemble de son équipe afin que chacun s’engage à porter les résultats des différents axes identifiés.

Quand les fondateurs d’une startup commencent, après avoir levé des fonds, à recruter leurs dix ou quinze premiers collaborateurs, la question fondamentale de l’engagement de ces nouvelles recrues se pose. La jeune pousse profite de cette étape majeure pour construire les fondements de sa culture en s’inspirant notamment des méthodes développées par Simon Sinek, spécialiste du leadership. Généralement, il s’agit d’un moment privilégié où la première itération des valeurs, de la raison d’être et de la vision est formalisée.

Ce type de méthode propre aux startups est en train de prendre place dans les grandes entreprises. Elle a pour immense avantage de construire collectivement une roadmap et non de confier à telle ou telle personne, de manière descendante, des missions conçues dans son coin par un manager déconnecté de ses équipes.

Une posture entrepreneuriale

Être le garant d’une vision commune et faire preuve de leadership pour que les collaborateurs s’engagent à une réussite collective, nécessite d’adopter une posture entrepreneuriale. Cette posture n’est pas celle d’un expert qui a réussi à monter dans la hiérarchie, ce n’est pas celle d’un « super sachant ». C’est véritablement celle d’un entrepreneur.

On le voit dans les parcours dédiés aux hauts potentiels dans les grands groupes, les référentiels évoluent autour de cette notion d’entrepreneurship. On était jusqu’à présent très focalisé sur l’expertise « cœur de métier ». On est désormais davantage attentif aux soft skills, à la dimension leadership et à la capacité à accompagner les salariés plutôt que de les contrôler.

La dimension humaine est plus forte, plus présente qu’avant. Elle contribue à donner plus de sens au travail réalisé par les équipes. Plus il y a de sens, plus les équipes sont engagées, plus les entreprises performent et innovent. C’est un cercle vertueux.

Cette posture est primordiale dans cette période de confinement où chacun est invité à s’autonomiser et prendre des initiatives pour continuer à maintenir l’activité. Le rôle du manager dans ce type de situation est d’autant plus important qu’il doit être présent pour l’ensemble de son équipe en rassurant chaque collaborateur afin de conserver leur engagement dans une situation qui n’est pas confortable. C’est également l’occasion pour lui de s’appuyer sur l’ensemble des nouveaux outils digitaux disponibles pour piloter la roadmap à distance voire pour animer de façon créative les multiples visio-conférences dont  nos journées sont désormais ponctuées.

Thomas Benaïm